Crash-test 2 : la pizza vegan sans gluten aux légumes grillés Les P’tits Chefs du Bio (et autres réflexions)

Pizza vegan aux légumes grillés Les P'tits Chefs du Bio

hELLO ! Me revoici pour un second crash-test dédié aux pizzas Les P’tits Chefs du Bio. En fait, je réagis à un coup de gueule de vg_zone sur Instagram qui dénonce des prix hallucinants pour des produits « sans » et qui prend la pizza reine des P’tits Chefs du Bio comme exemple. Je vais donc donner mon opinion sur ce produit mais aussi sur les produits estampillés « sans » de manière générale. Pour le coup, histoire de simplifier la lecture, je ferai un plan en 2 parties distinctes, histoire que vous puissiez ne lire que ce qui vous intéresse : le crash-test et ma réflexion sur les politiques tarifaires des industriels.

AVIS SUR LA PIZZA AUX LEGUMES GRILLES LES P’TITS CHEFS DU BIO

Pizza vegan aux légumes grillés Les P'tits Chefs du Bio
Hum! Je vais me régaler!

J’ai eu l’occasion de tester la pizza aux légumes grillés lors de mon passage au SAAPS 2016 (Salon des Allergies Alimentaires et Produits Sans) à Paris. Je souhaitais y trouver des informations mais aussi des produits pour la famille. Je ne fus pas déçue !

Je logeais dans un studio et je n’avais pas le temps d’écumer les restaurants sans gluten ni de faire la popote (en plus, je n’avais pas le matériel ou mes produits favoris), j’ai donc opté pour du tout prêt que j’ai acheté au salon. Au stand Un Monde Vegan, la pizza aux légumes grillés sans lait et sans gluten Les P’tits Chefs du Bio m’a fait de l’œil, tout d’abord parce que cela faisait longtemps que je n’avais pu manger de pizza (je n’avais pas résolu la question du fromage) et parce qu’elle correspondait à mes critères éthiques et alimentaires.

Verdict ? Elle grille bien, le faux-mage est une réussite, la garniture est sympa et la pâte est vraiment bien. Bref, c’est un substitut très réussi.

On peut la trouver pour environ 5 euros 50 dans les magasins bio ou vegan et sur Internet.

Pizzas vegan et sans gluten Les P'tits Chefs du Bio
Pizzas vegan et sans gluten Les P’tits Chefs du Bio

Après, vu sa taille, compter une pizza pour un adulte à l’appétit moyen et un enfant en bas-âge ou pour un adulte doté d’un solide appétit.

RÉFLEXIONS PERSONNELLES SUR LES PRODUITS SANS ET LEUR PRIX

C’est d’ailleurs ce qui a amené le coup de gueule de vg_zone : le prix du produit. Je le comprends, tout comme je comprends les commentaires qui ont suivi. Oui, c’est cher et même très cher pour un seul produit. Après, les goûts de chacun divergent et tous ne sont pas d’accord sur la pizza reine.

Toutefois, je tiens à souligner que les prix des produits « sans » industriels reflètent leur nature, ce sont des produits de niche, et la politique de la sécurité sociale française.

Tous les produits « sans » coûtent plus cher que les produits classiques. Ils s’adressent à des consommateurs peu nombreux au sein de la société (grand max 5% de végéta*iens et à peu près autant pour les allergiques alimentaires). Ces personnes sont de plus réparties sur le territoire national de manière plus ou moins inégale. Et cela influe clairement sur la politique tarifaire des industriels.

De savoir qu’ils ne s’adressent qu’à X milliers de consommateurs potentiels mais plus ou moins captifs de leurs convictions ou de leurs allergies les incitent à pratiquer des prix élevés car ils vendront peu finalement. Même accro à la nourriture industrielle, je connais peu de personnes qui mangent tous les jours exactement le même produit de la même marque. Or, développer ce produit et le produire a nécessité un capital important. Le producteur doit donc amortir son investissement et faire du bénéfice.

La répartition des consommateurs sur le territoire national joue aussi. Lorsque je vais à Paris, je trouve un nombre important de produits « sans » divers. C’est plus compliqué en province à part en commandant sur Internet (mais ça s’améliore). Ceci dit, un revendeur ne va proposer des produits « sans » que s’il est certain qu’il va les vendre. Il va donc éventuellement tester et faire son bilan. Et celui-ci n’est pas toujours positif, il ne va donc pas poursuivre la vente des produits testés et cette fois, c’est le grossiste et/ou le producteur qui vont se retrouver avec des invendus. Par chez moi, j’ai déjà constaté ce phénomène pour le bio mais aussi pour les faux fromages vegan et certains produits sans gluten. Les habitudes parisiennes ne provoquent pas toujours l’engouement en province !

Autre réflexion sur ce thème : les consommateurs se sont « habitués ». Je m’explique. Nous sommes de plus en plus nombreux à acheter du bio et/ou des produits « sans ». Les pourcentages de vente augmentent (même si ces achats restent très minoritaires). Ceci dit, les consommateurs passés et actuels ont pris l’habitude de payer pour une « certaine qualité » ou une certaine « éthique ». Du coup, pourquoi baisser les prix ? Si je prends l’exemple du bio, un consommateur recherche un produit sain et produit sainement, il va payer un supplément pour cette qualité. Engagé dans sa démarche, il sera dubitatif devant certains prix bas (est-ce local ? Est-ce que cela a été produit par des personnes exploitées ? Quel est le piège?) car il aura intégré certains arguments avancés précédemment pour justifier les prix élevés du bio (je précise que j’adhère majoritairement malgré mon propos auxdits arguments!). Les prix du bio ne vont donc pas baisser réellement sauf sur des produits destinés à attirer une nouvelle clientèle ! C’est valable aussi pour les produits « sans ». Autre exemple, le sans gluten. Mon parcours avec le sans gluten est trop long à détailler mais je me suis intéressée à ça dès 2007. Les prix étaient exorbitants. Lorsque je demandais pourquoi, la réponse était que c’était un marché de niche. En 2016, on trouve des produits sans gluten presque partout mais les prix ont peu baissé car les consommateurs se sont aussi habitués, ils ont intégré ces prix dans leur budget alimentaire.

Un autre frein à la baisse des produits « sans » est la politique de la Sécurité Sociale française. Il est possible en France de se faire rembourser partiellement l’achat de certains produits alimentaires « sans » sous certaines conditions. Ainsi, un malade cœliaque peut se faire rembourser 45,73 euros par mois après dépôt d’un dossier médical et administratif auprès de la Sécu. Il en va de même pour certains produits sans lait, notamment pour les enfants allergiques en bas âge. Ces consommateurs sont captifs de leur allergie et ils ont besoin de produits adaptés. Et il faut être honnête, les producteurs en profitent.

Vous pourriez me rétorquer qu’il existe des solutions naturellement « sans » pour la plupart des allergies alimentaires : arrêter de consommer les produits contenant l’allergène : lait, certaines céréales… comme finalement le font les allergiques aux fruits à coque, au kiwi ou à certains produits relativement peu présents dans notre alimentation.

Oui mais… l’alimentation est une pratique culturelle et sociale, voire politique. Et c’est difficile de modifier son alimentation de manière durable à cause de cela. Selon ma naturopathe et de nombreux écrits que j’ai pu lire, il faudrait 1 à 2 ans pour des individus motivés (et la santé est un bon argument, je crois). Renoncer à certains plats c’est donc renoncer à certains plaisirs. Pizza me revoilà ! Et motiver tout une société d’un coup ! Quel challenge ! Certes, notre alimentation pourrait être améliorée en France (plus bio, sans produits animaliers, plus personnalisée…) et si un individu parvient le plus souvent à adopter certains changements, le regard d’autrui est encore facilement blessant, moqueur ou chargé d’incompréhension. Manger à l’extérieur peut alors relever de l’exploit social !

Que dire aussi du vieux mythe du calcium dans le lait ? Même les médecins peuvent y adhérer pleinement ! De quoi en décourager plus d’un ! Il faut déconstruire pas mal de schémas sociaux, mentaux, familiaux… pour manger autrement. Et si pour soi, c’est déjà dur, le faire pour ses enfants est encore plus intimidant. Que diront leurs camarades ? Comment leur faire comprendre ? Ne va-t-on pas les rendre malheureux ou en faire des exclus ?… Bref, les substituts ça aide et facilite grandement toute transition. Les végéta*iens ne me contrediront probablement pas, eux qui ont des substituts de fromage, de viande…

Pour revenir à la politique sanitaire de la France, j’ai pu constater lors de voyages à l’étranger que les produits « sans » (gluten, lait,…) sont fréquemment à peine plus chers que les autres. C’est en partie parce qu’il n’y a pas de remboursement partiel pour certains allergiques. Et je dirai que de mon point de vue, c’est beaucoup plus juste. En effet, dans la famille personne n’est cœliaque, pourtant manger du gluten est impossible. L’allergie retardée n’est pas prise en compte par la Sécurité sociale. Donc, nous payons plein pot les substituts sans gluten que nous consommons. Et nous sommes loin d’être des cas isolés ! Nous devons alors faire des choix : cuisiner (mais ce n’est pas toujours meilleur ou pas toujours moins cher), ne pas manger certains plats,… Il faudrait donc que, dans le même temps, la Sécurité Sociale supprime les remboursements partiels et que les producteurs et revendeurs baissent leurs prix. Autant dire que ce n’est pas pour tout de suite !

Voilà pour mes petites réflexions sur le prix d’une alimentation différente et/ou « sans ». Le constat est que le consommateur moyen confronté à l’obligation de consommer « sans » doit faire quotidiennement des arbitrages sociaux, budgétaires, éthiques et sanitaires. Et après tout, c’est une forme de liberté !

Sur ce, je vais manger un reste de curry vegan sans gluten maison et je vais me régaler ! Bon appétit à tous ! Et à très vite !

Et vous ? Quels sont vos réflexions sur le sujet ? Cela m’intéresse grandement !

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