Mettre en place un PAI pour son enfant

Panier-repas

hELLO ! Sujet plus sérieux aujourd’hui. Je reprends ma rubrique sur les allergies alimentaires. Ça fait un moment que je ne l’ai pas complétée. Or, c’est encore plus ou moins la rentrée et certaines questions se posent à tous ceux qui se découvrent des allergies alimentaires. Aujourd’hui, ce sera la gestion d’une allergie alimentaire pour un enfant dans le cadre scolaire.

Si à la maison, il est relativement facile d’évincer le ou les allergène(s) de l’alimentation de son Gremlins adoré, cela devient moins évident à l’extérieur. Premièrement, parce que ça mange, ces p’tites bêtes, et plusieurs fois par jour en plus ! Deuxièmement, parce qu’ils développent rapidement des goûts et des dégoûts (Au hasard : les légumes!!!). Troisièmement, parce qu’ils sont scolarisés ou gardés la plupart du temps.

Ce troisième point est lourd de conséquences : l’enfant va prendre un ou plusieurs repas à l’extérieur et pratiquer des activités à risque. S vous êtes concernés par ce souci, vous devez alors faire établir un PAI ou Projet D’accueil Personnalisé. Ce document est établi par l’allergologue de l’enfant ou son médecin mais est à réclamer auprès de l’établissement où va votre enfant. Il mentionne :

  • les allergènes : alimentaires ou non,
  • les conditions dans lesquelles ces allergènes peuvent être présents : repas ou activités pratiquées dans l’établissement de l’enfant. Ex : la pâte à modeler pour le gluten ou l’activité pâtisserie.
  • les risques encourus par l’enfant : problèmes respiratoires, cutanés, œdèmes…
  • les secours éventuels à apporter : trousse de secours, personnes à prévenir en urgence, soins divers à apporter.

Une fois la ou les allergie(s) définie(s) par le corps médical, il faut prendre contact avec le directeur de l’établissement scolaire ou de la collectivité qui garde votre enfant (crèche, garderie…) et demander un rendez-vous afin de discuter autour de ce fameux PAI. Il contactera les diverses personnes responsables de l’enfant en journée ainsi que les responsables administratifs concernés. Cela varie d’un établissement à un autre.

La réunion a pour but de trouver des solutions pour accueillir votre enfant sans danger. Plusieurs options peuvent être proposées par les responsables selon le nombre, le type et la gravité des allergies. Mais vous pouvez aussi être force de proposition.

À l’issue de cette réunion, il ne reste plus qu’à mettre en place ce qui a été accepté.

Sur le papier, ceci est bien beau. La réalité est quelque peu différente. Je ne vais traiter ici que les allergies alimentaires et surtout celles qui impliquent une forte adaptation du fait de la fréquence de l’apparition de l’allergène dans les repas ou les activités.

Tout d’abord, il y a la phase de soupçon. Le diagnostic n’est pas posé et parfois, il faut attendre quelques mois pour cela. Pour autant, si ces soupçons sont très forts, il peut être nécessaire d’évincer les allergènes de l’alimentation de l’enfant avant même que le diagnostic ne soit fait. Par exemple, dans notre cas, je pensais au gluten et au lait pour ma fille et, pour aider les spécialistes à trouver, j’ai dû pratiquer un régime d’éviction temporaire. Il s’est avéré que cela a bien aidé les praticiens mais aussi que cela a protégé ma louloute. Il existe aussi d’autres cas. La seule solution est alors de retirer l’enfant de la cantine, voire des autres collectivités. Les parents doivent alors trouver une autre solution pour faire manger l’enfant et le faire garder sans risque. Autant dire que souvent, il faut aménager l’emploi du temps des parents ! Et que cela peut durer un certain temps.

Si les parents n’ont pas pu anticiper le diagnostic, ils n’ont pas pu faire remplir le PAI par le médecin. Il leur faut donc faire la demande auprès de l’établissement. Puis ils doivent le faire remplir par l’allergologue. Cela peut prendre du temps. Là encore, il peut être nécessaire de garder l’enfant à domicile hors des temps de classe. L’attente pour la fameuse réunion de concertation autour du PAI peut varier aussi considérablement de quelques jours à plusieurs semaines. Si vous souhaitez mettre en place un PAI à la rentrée scolaire, sachez que les directeurs et autres responsables seront bien souvent débordés ! Ce n’est pas forcément de la mauvaise volonté. Patience et prévoyance donc !

Ensuite, selon la difficulté présentée par le cas de l’enfant, l’implication des responsables, leur prise de conscience du problème, les attentes des parents,…, la réunion autour du PAI peut très mal se passer. Ce n’est pas du vécu dans mon cas. Mais j’ai une amie qui a bien failli s’arracher les cheveux face à l’indifférence d’une directrice d’école qui lui a mis beaucoup de bâtons dans les roues et été franchement hostile. Mon conseil ? Si vous êtes bien préparés, si vous connaissez bien votre dossier et l’allergie de votre enfant, vous serez plus zen. Calmes, vous serez mieux capables de titiller la compassion qui existe en vos interlocuteurs. Dites-vous que ce sont des personnes qui ont choisi de travailler avec des enfants mais qu’ils ne sont pas médecins et ne peuvent pas tout savoir. Soyez patients ! De plus, notamment pour l’école primaire, vos interlocuteurs seront nombreux et auront des contraintes liés aux choix de la mairie au sujet de la cantine. Les solutions proposées ne vous plairont peut-être pas. Mais vous pouvez aussi en proposer d’autres.

D’ailleurs, selon les solutions retenues, la mise en place de ces dernières peut aussi prendre du temps. Ainsi, pour ma fille, j’ai dû prendre contact avec la cuisine centrale qui gère les repas à la cantine afin qu’ils me fournissent des contenants pour ses panier-repas. Cela a pris quelques jours pour pouvoir remettre la puce à la cantine. Il a aussi fallu que je discute avec chaque intervenant (TAP, garderie, centre aéré…) pour expliquer son allergie et les précautions à prendre concrètement.

Dans notre cas, cela a pris environ 1 mois pour ma fille et 1 semaine pour mon fils en sachant que mes interlocuteurs étaient super sympas, compréhensifs et de bonne volonté. Et je sais que pour beaucoup de parents, la mise en place d’un PAI a juste été un parcours du combattant !

Panier-repas

Attention, ce n’est pas fini ! Il faut à présent gérer le quotidien avec un PAI :

Tout d’abord, il vous faudra rendre votre enfant autonome sur son allergie. Expliquez-lui, montrez-lui les produits à éviter absolument. Faites-lui apprendre les sigles et logos à repérer sur les paquets. Apprenez-lui à demander aux adultes s’il peut manger tel ou tel aliment et à refuser en cas de doute (C’est difficile parfois). Et pour ceux qui savent lire et sont assez âgés, apprenez-lui les mots à repérer dans les étiquettes. Votre enfant est le premier acteur de sa santé et le premier concerné en cas d’erreur.

Ensuite, votre enfant va peut-être être soumis à des questions, des attitudes plus ou moins hostiles ou moqueuses, des tentations. Il va avoir besoin d’écoute et de compréhension. Mais ne laissez jamais passer un propos mal intentionné, négatif, malveillant… Son allergie ne doit pas en faire un bouc émissaire ! Le dialogue ici est essentiel avec l’enfant (de manière régulière) et avec le « coquin » et, si besoin, n’hésitez pas à taper du poing sur la table. L’enfant a besoin de se sentir compris et défendu.

Enfin, vérifiez que les précautions sont bien prises tout au long de l’année. Le personnel qui s’occupe de la prunelle de vos yeux a ses habitudes de travail, sa propre sensibilité au souci d’autrui, ses contraintes… et parfois, les solutions retenues pour le PAI ne sont pas appliquées ou mal. Le constat est facile (mais stressant, voire dramatique) en cas d’allergie immédiate, c’est plus délicat en cas d’allergie retardée ou d’hypersensibilité. Ma copine (toujours la même!) a vu que son fils avait perdu 2 kg depuis qu’il mangeait à la cantine. Il avait également d’autres symptômes plus ou moins diffus. Elle l’a donc interrogé quand c’est devenu trop flagrant (ben oui, elle n’est pas médecin!) et ses réponses l’ont laissée pantoise. Rien n’était fait pour assurer la sécurité du petit et des remarques vexantes lui étaient même faites ! Elle a dû prendre des mesures. Néanmoins, pendant plusieurs mois, son p’tit bonhomme a souffert ! La vigilance et le dialogue sont donc essentiels. Je ne sais pas si des cas comme celui-là sont fréquents (Internet donne parfois de l’ampleur à des phénomènes isolés et je ne connais pour ma part que des cas, sauf le nôtre, où la mise en place du PAI s’est mal passée), mais j’espère que non.

En cas d’incident sans gravité et isolé (il n’y a pas de risque zéro même si tout le monde prend à cœur le bien-être de votre enfant), dialoguez pour trouver les aménagements à prévoir éventuellement mais évitez de critiquer bille-en-tête, s’occuper de beaucoup d’enfants n’est jamais évident.

Et si tout se passe bien, n’oubliez pas de remercier ceux qui aident votre enfant au quotidien. Cela leur fera plaisir !

Une dernière info pour la route : une fois le PAI mis en place, il peut être reconduit (s’il n’y a pas de modification) pour l’année suivante (si l’enfant ne change pas d’école). Il suffit de demander un avenant de reconduction au directeur de l’établissement. Vous le signez et c’est parti pour une nouvelle année !

Voilà les démarches à effectuer et les choses à prévoir pour l’école en cas d’allergie alimentaire. Cela peut sembler fastidieux, mais n’oubliez pas que vous n’êtes pas seuls. Les intervenants pour vos enfants, vos amis, votre famille peuvent vous soutenir. Il existe également des associations pour à peu près chaque type d’allergie et elles pourront vous donner de bons conseils. N’oubliez pas votre médecin et votre allergologue. Ils ont affaire fréquemment à ces cas de figure et peuvent vous aider.

Enfin, gardez le sourire ! Il existe des astuces pour mieux vivre l’allergie de l’enfant (je vous livrerai les miennes) et, surtout, maintenant votre enfant peut retrouver la santé !

Et vous, avez-vous déjà dû faire mettre en place un PAI ? Comment cela s’est-il passé ? Avez-vous des conseils à donner ?

Et si vous travaillez en collectivité avec des enfants, n’hésitez pas à commenter ou à développer votre expérience avec des enfants ayant des allergies. Confronter les points de vue permet d’avancer et de trouver des solutions plus facilement.

2 commentaires sur “Mettre en place un PAI pour son enfant

  1. Jem e demandais ce qu’etais un PAI. Ici les gens sont hyper a l’ecoute pour ce genre de choses et bcp d’allergenes sont completement banis de certains etablissements scolaires (le beurre de cacahuete par exple). Et il n’y a pas de place pourl a suspicion. Heureusement que vous etes finalement arrive a une solution

    Aimé par 1 personne

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