Art et empathie

Musiciens d'une troupe de théâtre au Festival d'Avignon

hELLO !

Hier, je suis allée promener dans Avignon avec les petits. Nous voulions observer les spectacles de rue. Ils font partie intégrante du Festival selon moi et ils en font aussi le charme.

Musiciens au Festival d'Avignon
Musiciens au Festival d’Avignon
Musiciens de rue à Avignon
Musiciens de rue à Avignon

Musiciens de rue à Avignon

J’avoue avoir été un brin déçue : il y avait assez peu de public dans les rues. Je suis un peu inquiète pour le bilan de la saison 2016 du Festival. Ma mère me faisait remarquer que faire le Festival coûtait cher. Cela est vrai. Pour chaque pièce du Off que je vois avec mes enfants, je dois débourser entre 30 et 40 euros. Cela représente une somme que tout le monde ne peut mettre et j’en ai parfaitement conscience. Toutefois, cela représente aussi pour moi un plaisir et un acte militant à plusieurs égards.

Équilibristes dans Avignon

Équilibristes dans Avignon
L’Homme-arbre

Comme je vous l’ai dit, j’aime le théâtre et les arts en général et transmettre cet amour est très agréable. Ma fille a déjà 5 saisons à son actif et nous n’avons jamais été déçus par les spectacles proposés. De plus, l’enthousiasme de la pitchoune ne faiblit pas, bien au contraire ! Elle a des souvenirs assez précis des pièces qui l’ont véritablement interpellée et en parle. Voilà pour la partie plaisir.

L’aspect militant intervient à divers niveaux. Tout d’abord, assister à des pièces et payer pour cela permet de faire vivre les artistes et l’art. C’est déjà bien. Nous adorons les films de l’Âge de Glace et, pour des raisons de budget, nous n’irons pas voir le 5ème opus. C’est un choix. Nous irons voir une pièce avec des artistes, des techniciens… qui gagnent infiniment moins et méritent tout autant que l’équipe de Blue Sky Studios.

Emmener ses enfants au théâtre c’est également leur offrir une autre vision de l’usage de la langue et du vocabulaire nouveau. C’est aussi les sortir de leur zone de confort. Tout cela leur permet d’acquérir le sens de la nuance. Et je crois que c’est primordial. L’art représente toute la gamme de sentiments et de sensations. Il n’évoque pas que les extrêmes : l’amour ou la haine, le plaisir ou la souffrance.

Je crois que lorsqu’un humain est privé de nuance, lorsqu’il vit dans un monde manichéen dans lequel tout est « trop dar », « trop mortel », « terrible », « über », « super », « hyper »,…, ses schémas de pensée deviennent à leur tour manichéens et sa capacité à ressentir se réduit à aimer ou haïr. C’est simplement dommage dans la plupart des cas, mais parfois, de plus en plus souvent à vrai dire, cela devient source d’angoisse. Pourquoi ? Les commentaires agressifs sur la Toile ne proviennent pas que de la garantie de l’anonymat, les comportements irrespectueux ne sont dûs qu’à un manque de politesse, les actes de terrorisme idem… Toute cette violence provient d’un manque d’empathie consécutif à une lacune dans l’apprentissage de la nuance. Il y a tant de façons d’aimer ! Et il existe d’autres sentiments qu’il est bon d’accepter parce qu’ils existent. Lorsqu’on peut mettre des mots précis sur un ressenti ou un sentiment, il est possible d’en faire bon usage, de l’accepter, d’en discuter lorsqu’il pose souci. Connaître une vaste gamme de sentiments ou de mots permet d’entrer plus aisément en connexion avec autrui d’éprouver de l’empathie rapidement, facilement. Et si on éprouve cette empathie, il devient plus difficile de vouloir nuire à l’Autre.

Musiciens d'une troupe de théâtre au Festival d'Avignon
Musiciens d’une troupe de théâtre au Festival d’Avignon

Alors, nous offrons de l’art et du vocabulaire à nos enfants. C’est peu mais nous espérons faire ainsi notre part de Colibris avec le Capitaine.

Je n’avais pas l’intention de faire un billet aussi grave sur l’art, mais j’avoue que notre matinée m’a fait modifier mon projet initial. Mes enfants regardaient tranquillement les dessins animés tandis que je lisais. Sans transition ou presque, il y a eu le journal de midi. La présentatrice a à peine évoqué l’attentat de Nice que déjà les images défilaient. J’ai bondi sur la télécommande mais j’avais déjà vu le camion rouler. Heureusement, les loulous n’ont pas perçu ce que ce camion avait de terrible.

Je compatis avec les victimes de cet acte affreux mais je condamne aussi les médias qui visent au sensationnel, aux sentiments extrêmes et manichéens pour faire de l’audience. Et même si le public en redemande (ce que je condamne aussi), faut-il risquer d’exposer nos enfants à cela ? Ma compassion est-elle moins forte parce que je ne connais que les faits bruts ? Je ne crois pas. Les victimes encore en vie se sentent-elles mieux en voyant ces images de souffrance ? Certainement pas. Et les autres, ceux qui n’ont pas été touchés directement ? Pas mieux. Leur vie ne sera pas plus belle.

À bientôt.

Et vous ? Qu’en pensez-vous ? Exprimez-vous, j’en serai ravie. Je vous invite juste à la nuance. Essayez de traduire votre sentiment par d’autres mots que j’aime ou je déteste. Je vous lirai avec plaisir même si vous n’abondez pas dans mon sens !

2 commentaires sur “Art et empathie

  1. j’aime bien le texte et les photos – cela donne envie d’aller à Avignon – par ailleurs je souscris totalement au fait d’emmener des enfants voir des pièces de théâtre surtout qu’à ce festival il y en a de très nombreuses de proposées – les sujets abordés sont très ludiques et adaptés à tous les âges – enfin je désapprouve le voyeurisme des médias

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s